"Omar avait l'habitude d'aller en patrouille pendant la nuit,seul;mais si quelqu'un voulait l'accompagner, il ne l'en empêchait pas. Une nuit, raconta Aslam, je lui demandai la permission de l'accompagner.Il consentit,et je marchais avec lui toute la nuit. Vers minuit, nous sortîmes de la ville et bous vîmes un feu de camp.
Omar me dit:"Aslam,quelqu'un a fait halte à cet endroit allons voir qui c'est."Nous nous approchâmes du feu et nous aperçûmes une femme en compagnie de deux ou trois petits enfants qui pleuraient. La femme était occupée à faire du feu sous un pot, et disait aux enfants:"Ne pleurez pas;dormez jusqu'à ce que la nourriture soit prête, alors vous mangerez .Que Dieu nous rende justice de Omar,qui,lui, dort rassasié, alors que moi et mes enfants , nous souffrons de la faim:"
En entendant ces paroles,Omar eut les larmes aux yeux.Il salua la femme,qui lui rendit son salut.Puis, il lui demanda s'il lui était permis d'approcher."Si vous venez avec de bonnes intentions,répondit-elle, approchez."Alors Omar lui demanda ce qui lui était arrivé.
La femme raconta:"Je suis partie de mon pays avec mes enfants pour me rendre à Médine.J'ai été obligéé de m'arrêter ici, par la fatigue et la faim,et maitenant la faim nous empêche de dormir, moi et mes enfants."
"Mais,dit Omar, pourquoi invoques-tu Dieu contre Omar?"Elle répondit:"Il a envoyé mon mari à la guerre,où il a été tué et je suis restée dans la misère avec mes enfants!"
Omar lui demanda ce qu'il y avait dans la pot."Rien que de l'eau,mais j'ai allumée le feu pour apaiser mes petits,et qu'ils dorment jusqu'à demain matin."
Aussitôt Omar s'éloigna,raconta Aslam, en me demandant de le suivre.Nous courûmes vers la ville nous allâmes à la boutique d'un marchand de farine.Mais le marchand ne s'y trouvait pas.Nous allâmes à sa maison, et Omar le réveilla,le fit sortir de sa maison et acheta un sac de farine.
Nous allâmes ensuite chez le boucher et Omar demanda de la viande."Je n'en ai pas,Prince des croyants, dit le boucher, mais j'ai de la graisse."Omar acheta une bourse de graisse. Les gens(du boucher) lui dirent:"amîr al mou',minîne", "nous allons la porter","Non,allez,leur dit-il, j'ai quelqu'un avec moi."
Alors,continue Aslam,je ne doutait point qu'il me dirait de porter la charge.Mais lorsque les gens furent partis, il prit le sac de farine sur se épaules et me demanda de placer la borse de graisse par-dessus.
Je dis:"Prince des croyants,laisse-moi porter cela!"Mais il répliqua:"Aslam,si tu prends cette charge, qui portera la charge de mes péchés?Et qui prendra sur lui l'effet de la prière de cette femme?"
Et Omar pleura si fort, que je craignis de le voir défaillir.Puis nous courûmes en toute hâte vers la femma,et Omar déposa sa charge.
La femme dit:"Qu'Allah te récompense! Tu es plus digne d'être le gardien des pauvres que Omar."
Omar,de sa main,prit un peu de graisse et la mit dans le pot.Il engagea la femme à préparer la pâte,puis il me dit d'aller chercher du bois.Lorsque je rapportai le bois que j'avais recueilli,voilà que, par Allah Tout-Puissant,je vis Omar, la barbe par terre;soufflant sur le feu,sou le pot.La femme plongea dans l'eau,par petits morceaux, la pâte qu'elle avait préparée dans une assiette, et lorsqu'elle fut cuite avec l'eau et la graisse, Omar la mit dans l'assiette, fit asseoir la femme et les enfants et leur dit :"Maintenant, toi et tes enfant, mangez et rassasiez-vous.Rends grâce à Allah, et prie pour Omar, qui n'était pas au courant de votre situation."Ensuite, il rentra en ville."